Aurébède 2005

Aurébède 2005



Durant le camp 2005 sur le Capéran, deux jours ont été consacré à ce gouffre situé à la limite W du lapiaz de l'Amoulat. En voici le déroulement.


Ce sont Mosa et Jack qui auront ce mercredi 24 août l'honneur de pénétrer dans cette cavité qui était à notre programme depuis tant d'année.


Première étape au départ du camp de base du Capéran : le col de Ger... 300 m de dénivelé qu'ils sont contents d'atteindre à l'ombre de la face W du Ger. Décidemment, quel contraste avec la météo exécrable qui nous a paralysé les jours passés! Les salopettes et baudriers enfilés, les sacs conditionnés avec le mato en dépôt là-haut, le premier puits est rapidement descendu (AN sur bequet rocheux, le vénérable spit en place étant HS). A -5, la vision sur l'ancestral dépôt de matériel de camp n'est pas du plus bel effet. Des lambeaux de bâches sont autant de stalagtites dégoulinantes et souillées par la rouille des mâts et autres ustensiles inutilisables.


Première terrasse, premiers frottements. La foreuse entre sans tarder en action pour planter le premier d'une longue série de spits. Rappelons que les dernières explorations de l'Aurébède datent de 1971 et qu'à l'époque, l'usage de l'échelle était toujours de rigueur. La vision et la conception de l'équipement des obstacles verticaux étaient donc bien différentes. Et le matériel personnel n'était pas celui que nous connaissons aujourd'hui. Mais ça n'avait pas empêché les gaillards du SCP d'atteindre -487 m ! Qelques récits croustillants témoignent de leur ardeur et de leur tenacité.

Au bas du ressaut de quelques mètres fait suite une galerie très déclive et ébouleuse. Un petit bout de corde d'assurance s'impose. Un coude, une marge à surmonter et c'est un beau grand puits qui se présente. A partir d'ici, subsistent d'anciennes plaquettes en acier bien corrodé et des chevilles de 10mm de diamètre. Trois nouveaux spits et un coinceur sont placés pour s'écarter des éboulis menaçants et effectuer à l'aide d'une déviation un plein pot.



La suite se présente sous forme d'un haut méandre avec crans de descente. Plutôt que d'équiper à même la margelle, une main-courante est installée pour s'écarter de l'éboulis instable qui surplombe le ressaut. Le calcaire à chailles s'avèrent très propice pour effectuer des amarrages naturels mais est usé avec parcimonie car dans la mesure où il est question de revenir souvent, l'équipement est conçu pour être d'emblée "tip-top", c-à-d pensé pour faciliter et sécuriser la progression au maximum (double amarrages, sortie de puits haute et aisée, déviation).

C'est en équipant de cette manière les deux jets suivants que le fond du méandre surcreusé par un petit filet d'eau est atteint alors que ça repart de plus belle à la verticale. De manière à ne pas être en contact avec le pipi, aussi petit soit-il, une nouvelle MC doit être installé.

Mais Philippe ne l'entend pas de cette oreille ! C'est qu'il a dans son bidon une centaine de grammes de sa bistouille préférée : de l'uranine... Et pour l'injecter, il faut de l'eau. Une petite désescalade lui permet d'atteindre une petite vasque qui, à défaut de mieux, fera l'affaire pour tenter de diluer au mieux le traceur.

Voilà un des objectifs du camp atteint : le colorant est en route vers la vallée... Reste à savoir si ce sera comme le supposaient nos prédécesseurs vers la grotte de Eaux-Chaudes ou comme nous le pensons plutôt vers le Valentin et plus particulièrement vers Iscoo où sont installés nos fluocapteurs ? Voyez les résultats en suivant le lien suivant :

En attendant, pour être restés sous les éclaboussures un bon quart heure, Mosa et Jack peuvent déjà confirmer qu'à tout au plus 70m de profondeur, l'eau est déjà glaciale !

Finalement à bout de matériel, ils allaient remonté quand arriva Christophe, avec un sac de cordes. "Manu militari", Jack renvoya Philippe à la surface avec la foreuse, devenue un poids mort, et poursuivre l'équipement à deux.

Au marteau et tamponnoir, la suite est équipée sur 4 à 5 m dans le trou de serrure du méandre avant de redescendre d'un cran. Sur la margelle suivante, même maneouvre via des banquettes cette fois pour s'éloigner de l'actif (attention,la déviation sur rognons de silex est à remplacer par un spit ou un goujon). A nouveau à court de nouilles, la suite sera pour demain. Sortie du trou en fin de journée.


Jeudi : enchantés par la pointe de hier, Christophe et Jack remettent ça. Bien reposés de leur trip dans l'UL1, Gaëtan et Laurent suivront pour une séance photo. Mosa embraye pour donner un coup de main.

Le peu de cordes encore disponible au camp est rafflé et c'est en cortège que les cinq larrons remontent au col de Ger. L'idée d'installer un camp avancé commence à germer dans les mollets. Une terrasse herbeuse, magnifique balcon sur tout le cirque de l'Amoulat et des Arcizettes s'y prêterait à merveille s'il y avait un point d'eau. Par beau temps s'entend ! Ceci dit, sortir du trou par mauvais temps et trouver un abri directement à proximité serait un gage de sécurité.Sauf peut-être en cas d'orage car l'endroit semble bien exposé à la foudre. Faudra mener une réflexion dans ce sens pour l'an prochain.

Pour l'heure, pas de soucis, la séance d'habillage se fait sous le soleil. Après avoir fait leurs adieux aux malheureux qui quittent le massif aujourd'hui sans avoir vu l'Aurébède (au revoir en patois local...), Christophe et Jack vont reprendre leur besogne vers -100.

Là, petite hésitation sur le cheminement car deux possibilités s'offrent à eux. Jugeant celle de gauche (petite galerie latérale débouchant sur un puits) probablement en relation plus bas avec celle de droite, ils équipent le ressaut suivant (R5) pour prendre pied facilement sur la margelle d'une nouvelle verticale, à la morphologie toute différente. Et pour cause, la roche est à partir d'ici un calcaire gris et compact. Le même qu'au Capéran ... ?


La base du puits (fractionné) se resserre en méandre. Première intuition, ne pas descendre dans le fond où sont visibles les anciens amarrages. Difficile quand on ne connait pas la suite de juger de l'opportunité de tenter autre chose, en l'occurence ramoner en oblique pour atteindre le sommet du puits suivant. Mais un rétrécissement ponctuel rend pour l'instan l'idée caduque. Deux spits sont donc plantés au plus large de l'étranglement vertical et le ressaut franchi sans soucis.

Sur la margelle suivante, le nombre d'anciens points d'amarrages attestent d'un vide important. Ici encore, un choix d'équipement judicieux s'impose, question d'éviter les frottements tout en cherchant à se ménager un départ facile à franchir, tant à la descente qu'à la remontée. Il ne reste qu'une corde et la journée est déjà bien avancée. Le photographe et ses modèles remontent en continuant leur besogne. Jack et Christophe décident de placer la C40 au mieux en recherchant le plein vide parfait. Trois spits sont plantés avant de se laisser filer dans ce qui s'avère être le vaste P40 représenté sur la coupe de l'époque.



Tout deux prennent pieds alors sur un amas de blocs gigantesques. Avec l'apparition de quelques petits écoulements en paroi, l'ambiance devient plus humide. Ici plus qu'ailleurs encore, de nombreuses piles rongées par la rouille jonchent le sol
et témoignent des longs temps d'attente qu'on dû connaître les découvreurs. Remonter ces déchets ainsi que le gros fil (téléphone ?) qui court tout du long du parcours est une tâche à mettre absolument au programme.

Un rapide coup d'oeil sur le large méandre pentu qui suit et le demi-tour s'impose immédiatemment. A bien regarder à la remontée, un fractionné s'impose à mi-puits. Mais peut-être serait-il possible de déboucher en plein centre de la salle en démarrant dans la branche fossile parallèle accessible par une petite gymnastique via une lucarne en sommet de puits, voire même plus haut, là où nous avions renoncé. Ce sera de toute manière pour l'an prochain.

Pour l'heure, il faut déséquiper car, faute de concertation préablable, il n'est pas sûr qu'une équipe puisse redescendre demain, veille de notre retour dans la vallée.
C'est finalement par une nuit sans lune rendant le passage du col de Ger vraiment impressionnant que le camp est rejoint. La magie du numérique aidant et commentaires à l'appui, chacun peut déjà visionner les superbes clichés engrangés par l'équipe photo et, si besoin est, donner envie à tous d'être là l'an prochain !




Dernière mise à jour 14-12-2005

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