Les Carnets de C7 / Techniques

 


Chauffe qui peut !

Guy Lardinois

Avec l'apparition des réchauds à combustible liquide, le spéléo s'est empressé de remiser son vénérable Bleuet au profit de modèle à la puissance de chauffe modulable et efficace à basse température. Disponible presque partout et à prix modique, l'essence est facile à emporter même en grosse quantité lors de camps lourds. Et puis, pas de bonbonnes à redescendre dans la vallée… ou à abandonner dans la nature !




Le Peak 1

Ce modèle de chez Coleman (illustré ci-dessus) est toujours le standard depuis l'époque où il était pratiquement seul sur le marché. Il en reste un bon nombre en circulation qui date de cette époque. Le mien affiche ses 20 ans. C'est le moins cher des réchauds à essence : 30 à 50% moins cher que les MSR et 3 fois moins comparé aux 96 g du Primus Titane (gaz). En outre, le fabriquant propose une gamme très étendue de matériel complémentaire : lampes, multi-becs, fours, frigo...

Outre son poids de 665 g (MSR 330 g + réservoir de 0.6L 100 g) et son encombrement (indémontable), l'inconvénient principal du Peak1 est son maniement délicat voire dangereux au démarrage quand il a été soumis à l'humidité. Comme il n'est pas fabriqué en matériaux inoxydables, il souffre beaucoup de séjourner sous terre. Les parties métalliques s'oxydent rapidement et l'espèce de <> qui assure le démarrage à froid sur certains modèles perd son pouvoir absorbant. Gare à la prochaine mise à feu... Le naphte déborde et tout devient beaucoup plus clair et nettement plus chaud.

Le Peak1 reste cependant le meilleur rapport qualité/prix pour ceux qui savent le dompter et qui accepte de porter un eu plus lourd. Mais ce n'est donc pas l'idéal pour le bivouac souterrain.

Pour ce cas de figure, nous avons découvert et testé avec satisfaction un modèle qui mérite d'être mieux connu :

Le Micro Réchaud TRANGIA

Il s'agit d'un réchaud de la taille d'une boîte de cirage. Il pèse 100 g et coûte 12,5 euros. Réalisé en cuivre, il est quasi inoxydable. Monobloc, sans aucune pièce mobile, il est indestructible. Muni de son couvercle étanche (joint torique), il permet de transporter directement 100gr d'un combustible qui est ici l'alcool à brûler liquide (de quoi faire bouillir 1,5 litres d'eau). Attention si vous l'utilisez en complément d'un peak1 en surface à ne pas vous tromper de carburant (cas vécu !). Je suggère d'ailleurs pour prévenir ce genre d'incident, d'utiliser l'alcool éthylique (pas question de fêter les –1000m avec, il est dénaturé !). Plus difficile à trouver que l'alcool méthylique, il a l'avantage d'être coloré en bleu. Utilisez aussi absolument un contenant qui ne pourra en aucun cas être confondu avec une gourde d'eau. Question de ne pas être tenter d'en verser le contenu sur une casserole déposée sur le feu pour en faire des crêpes… flambées !

Sans prétendre concurrencer les Peak1 et autres MSR, le mini-Trangia reste puissant, permettant quand même de faire bouillir 0,5 Litre d'eau en 8 minutes contre 4,5 minutes pour un Peak1 au maximum. Sa méthode d'extinction est efficace mais nécessite un peu de dextérité puisqu'il s'agit tout simplement de le recouvrir d'un couvercle qui sert aussi à faire varier la puissance de chauffe.

La firme suédoise propose son réchaud dans des ensembles complets qui sont constitués d'une popote plus ou moins complète (avec pour la surface un astucieux coupe vent, efficace par grand vent là où d'autres types de réchauds ont renoncé.

Le plus petit modèle de popote, celui qui nous intéresse, ne pèse que 330 g. Il est constitué d'un brûleur, d'une casserole d'un peu plus d'un demi-litre, d'une poêle revêtue de Téflon d'un diamètre de 15cm, d'un support coupe-vent et d'une pince. Le tout coûte 25 €. Pour moins cher, il n'y a que l'Esbit (6.20 €) et …une boîte de conserve vide.


Complété de 2 cuillères, d'un ouvre-boîtes, et de quelques rations (soupes, sucres, semoule de blé, Micropur...) convenablement conditionnées, ce modèle constitue un équipement de cuisine idéal pour un bivouac léger souterrain (3 convives maximum).

Vu son prix, sa taille, son poids et sa résistance aux chocs et à l'oxydation, nous n'hésiterons pas à le placer dans un kit ou d'en laisser plusieurs en permanence dans une cavité en cours d'exploration. Voire dans le coffre de sa voiture, dans son sac de randonnée...

Les bienfaits de l'alcool !

Le carburant préconisé ici présente un énorme avantage : c'est de l'alcool éthylique, c'est à dire un combustible de SECURITE.

Les conséquences d'une mauvaise manipulation sont considérablement réduites par rapport au naphte, butane et autre propane.

D'abord, vous ne risquez pas de vous brûler la gorge en essayant de boire de l'alcool (cas vécu d'une gourde qui contenait du naphte...).

Alors que de l'alcool renversé sur votre épiderme et prenant feu n'occasionnera souvent que quelques poils roussis (testé pour vous !), il faudra s'accommoder de brûlures plus ou moins graves si cela arrive avec les autres carburants qui explosent et vous garantissent des incendies spectaculaires incontrôlables (ça, c'est mon cousin qui a fait le test …. de l'hôpital ). Car il faut savoir que le point d'inflammation et les points de déflagration de l'alcool sont plus bas pour le naphte ou le butane. Renverser du naphte, sous terre, en milieu confiné, peut s'avérer catastrophique jusqu' à détruire votre bivouac. En cas de fuite d'alcool et de contact avec une carbure allumée, vous ne risquez qu'un incendie maîtrisable et sans explosion.

Les autres carburants sont dangereux et occasionnent des brûlures plus ou moins graves aux premier et deuxième degrés. Avec de telles brûlures même petites, il est difficile de sortir d'une cavité.

Tous ces avantages se payent d'un petit inconvénient. Il faut deux fois plus d'alcool que de naphte pour faire cuire un litre d'eau. Cela se traduit par un coût d'usage plus élevé de 40% et quelques grammes en plus dans le sac (compensés par la légèreté du réchaud lui même).

Ca n'empêche que l'alcool est un incontournable de la sécurité et du confort sous terre ou pour des raids courts et légers en conditions extrêmes. Pour les camps lourds, nous continuons à utiliser le naphte pour sa puissance et la souplesse de ses réchauds.

Et pour terminer, derniers conseils de sécurité :

  • L'eau dans les bidons blancs !
  • Le naphte dans des bidons rouges métalliques (pour contrer l'évaporation)
  • L'alcool à brûler dans des bidons bleus (récupérez vos bidons d'antigel de lave-glace).

Le Réchaud Trangia est de stock chez Alpisport que je remercie au passage pour les renseignements fournis.



Dernière mise à jour 17-04-2005

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