Explorations... ...enBelgique



Plongées à la Grotte du Chalet (Aywaille)



Michel PAUWELS (ESCM, CASA)

Jacques PETIT (CASA)
Regards n°57
Nov 2004



Fresque de Robert Thek



Situation


Coordonnées : X=242.91, Y=129.05, Z=158

Du centre d'Aywaille, emprunter la route vers Bastogne. A droite de la route, peu avant la bifurcation vers Hamoir (lieu-dit <>), face à une grande surface, un ancien bâtiment de captage d'eau masque l'entrée de la cavité. Ce bâtiment sert actuellement de local au Club Aqualien de Spéléologie et d'Alpinisme "Continent 7".


Contexte hydrogéologique

Cette petite grotte qui s'ouvre dans le calcaire givétien comptait avant nos explorations environ 100 m. de développement. Au niveau inférieur de la galerie d'entrée on note la présence d'une rivière importante d'un débit de 60 à 300 l/sec., qui débouche à l'extérieur sous le local du CASA par une fissure impénétrable. Après une quinzaine de mètres de parcours aérien on voit la rivière s'échapper du S1, cependant que la galerie fossile supérieure se poursuit avec des regards sur la zone noyée (notamment le S1bis, historiquement le premier accès au réseau noyé). Le terminus est une petite salle basse et ronde occupée par un <> (S1ter, obstrué à -6 m.). Quelques diverticules rapidement impénétrables jalonnent le parcours.

En raison de l'intérêt touristique (toujours supposé, jamais vérifié) d'abord, de par l'existence d'un captage sur le site ensuite, la grotte du Chalet a fait l'objet de maintes études hydrogéologiques. Le lecteur intéressé se reportera à la bibliographie en fin d'article. 

Pour les spéléos de base que nous sommes, la délimitation du bassin d'alimentation est assez bien connue grâce notamment à une campagne de traçages extensive dans les années 60. Pour la petite histoire, on retiendra aussi le traçage involontaire (au purin) du chantoir de la ferme de Piromboeuf qui causa une importante pollution du captage. Ce genre d'incidents n'est sans doute pas étranger à l'abandon du captage par la SWDE.

 

Les principaux point d'absorption sont :

1. Le chantoir d'Awan.

2. Le premier chantoir de Piromboeuf.

3. Le second chantoir de Piromboeuf (près de la ferme).

4. Le troisième chantoir de Piromboeuf (ou chantoir aux Sapins).

5. Le quatrième chantoir de Piromboeuf .

6. Le chantoir de l'Hermiterie à Harzé.

7. Les pertes dans le lit du ruisseau de Harzé.

8. Le chantoir du Fond des Vaux.

Le distance maximale à vol d'oiseau (point 5) est de 3800 m. pour une dénivellation d'une centaine de m. Toutefois les plissements complexes du calcaire imposent certainement un cheminement plus long et plus tortueux à la rivière. En effet deux failles importantes au moins, la faille de Xhoris et la faille de Fanson, distordent les couches façon pâtes italiennes, et semblent à première vue constituer des obstacles infranchissables aux écoulements souterrains. Une lecture attentive de la carte géologique permet toutefois de montrer que les couches calcaires restent en continuité, comme le confirment les colorations. 

L'extension en ligne droite de la cavité vers l'Ouest, en direction de la zone des pertes, est actuellement de l'ordre de 300 m. C'est trop peu encore pour se faire une idée de la manière dont le réseau va se développer. Allons-nous vers des zones broyées au parcours chaotique ou vers un collecteur majestueux ? Seule la poursuite des explorations permettra de répondre à cette interrogation.

Aperçu historique

Connue depuis la nuit des temps sous le nom de Fontaine d'Aywaille, la grotte a été visitée par Martel en mars 1903. Par la suite, de nombreux travaux y ont été entrepris, en vain, dans l'espoir de trouver une cavité exploitable pour le tourisme et de concurrencer la commune voisine de Remouchamps. Dans les années 1970-1990 un captage, abandonné en 1999, a été implanté sur le site.





Plan de la grotte du Chalet en 1903, extrait du VMR "Les Cavernes et les rivières souterraines de la Belgique" (op.cit.)




Cette résurgence a également toujours attiré les plongeurs. Déjà dans les années 60 la SSD, puis le GAS dans les années 70, ont attesté la présence d'un puits noyé à l'endroit que nous dénommons actuellement S1bis. En 1989 l'ESCM réalisa une étude de la cavité à la demande de la SWDE, à l'occasion de laquelle Roland Gillet (SCB) fut invité à plonger et atteignit la cote –18. Ensuite la cavité retomba dans l'oubli vu l'impossibilité d'accès.

Après l'arrêt du captage, en 1999, la gestion du site fut confiée au CASA par la commune d'Aywaille.

On trouvera dans l'encadré un historique plus fouillé, tant spéléo que plongée.

Nouvelles explorations

S1 – S2 (1999-2001)

Lorsque le CASA reprit la gestion de la grotte, Michel Pauwels fut invité à plonger les siphons. Quoique les précédentes tentatives n'eussent pas permis de trouver une suite, il semblait raisonnable de penser que la grotte du Chalet pouvait encore réserver de bonnes surprises.

Les débuts ne furent pourtant pas brillants : en conditions de hautes eaux, la galerie fossile se remplit par les regards et devient une sorte de grande flaque masquant l'entrée du S1bis. Ne trouvant pas le siphon a priori le plus intéressant, Michel se rabattit sur le S1ter, ou lac terminal, (-6, queute) et sur le S1 (5 m., -3 arrêt sur étroiture). Une trop rapide tentative de désob de l'étroiture n'eut pas plus de succès.

En 1999 Jacques Petit arrive au CASA et se lance dans la plongée spéléo. Avec une hauteur d'eau plus normale il retrouve le S1bis, descend à son tour dans le puits vu par Gillet et al., et découvre l'amorce d'une galerie horizontale prometteuse à –18. Estimant son expérience en plongée spéléo encore trop limitée, il préfère sagement en rester là. Le CASA rappelle alors Michel Pauwels, qui explore la suite sous la forme d'une galerie basse jusqu'au pied d'une étroiture remontante impossible à franchir en bi 12 l. dorsal (42 m., -19). Les explos se poursuivront dès lors en parfaite collaboration entre les deux plongeurs, Jacques acquérant de plus en plus d'assurance au fil des plongées.

En utilisant des configurations <<à l'anglaise>> l'étroiture ne sera finalement vaincue qu'après quelques séances épiques. Au-delà le S1 continue et sort après 85 m. dans une cloche avec un départ de galerie remontante… et un S2. La topo démontre que la cloche est très proche du <> (S1ter), ce qui incite le CASA à fouiller les amorces de galeries dans cette zone. Malheureusement aucun passage permettant de shunter l'étroiture verticale du S1 ne pourra être ouvert. L'exploration du S2 se fera donc nécessairement via le S1. Toutefois le franchissement de l'étroiture reste limite et le stress du retour est important. Cela va nous bloquer pendant près d'un an, le temps d'apprivoiser ce passage et de l'équiper correctement. Vu le côté craignos, décision est prise de ne pas poursuivre les explos vers l'amont avant d'être suffisamment à l'aise tous les deux dans cette difficulté.

Ce cap franchi il nous faudra encore de nombreuses plongées pour torcher la galerie exondée dans la cloche - c'est Jacques qui s'y colle pour l'escalade mais cela queute après quelques mètres -, puis passer le S2 (82 m., -10), qui présente encore quelques passages tortueux et étroits à souhait, sans atteindre toutefois le degré de difficulté de la première étroiture du S1.



 


La visi au retour est proche de zéro dans les deux siphons, ce qui nous incite à équiper tout le parcours avec une bonne grosse corde de 10 mm. qui nous donne confiance. Dans le S2, à 15 m. du départ, on note encore la présence d'une cloche latérale donnant accès à une vaste cheminée remontante, non encore explorée, qui nécessitera l'usage de matériel d'escalade artificielle.

Mais le plus beau était encore à venir…

La rivière des Belles-Mères (2002-2003)


Cliché Mihel Pauwels


La sortie du S2 forme un petit lac surmonté d'une haute cheminée ornée de draperies, et se prolonge en une vaste diaclase agrémentée de quelques concrétions. Après une trentaine de m. de progression en hauteur entrecoupée de vasques, on redescend sur la rivière que l'on ne quittera plus. La galerie s'élargit, tourne à gauche à 90° en recoupant les bancs, et atteint après 100 m. de crapahut assez aisé une salle oblique de 5 x 10 m. sur une vingtaine de mètres de haut (salle Dr Thiry). Les plafonds sont hors d'atteinte et mériteraient certainement une tentative d'escalade.


La suite, toujours en rivière, est plus basse et plus étroite, avec deux étroitures et une trémie instable à surmonter. On parcourt ainsi à nouveau une centaine de m., puis la diaclase se rétrécit jusqu'à devenir impénétrable en surface. Via une voûte mouillante on atteint un bief minuscule apparemment sans issue, mais le plancher s'ouvre sous les chaussons…

Ce nouveau siphon va dorénavant nous obliger à coltiner un bi 4 l. supplémentaire au travers des 160 m. et quelques d'étroitures des siphons 1 et 2. Ensuite il nous faut démonter deux détendeurs (gare aux joints baladeurs !) et trimbaler tout le bazar à l'amont de la rivière, qui du coup ne paraît plus si débonnaire, pour enfin pouvoir mettre un plongeur à l'eau dans le S3.




Le S3… et les autres (2004-…)


La suite est donc un siphon de plus qui démarre en puits noyé, puis se développe en galerie étroite à -6. Au bout de 20 m. on remonte presque en surface, mais la galerie plonge derechef via un passage en boîte aux lettres qui doit s'enfiler tête en avant, sans possibilité de se retourner avant la sortie du siphon 20 m. plus loin, à travers une trémie instable. 

On se retrouve alors dans une cloche de dimensions restreintes où deux personnes peuvent à peine tenir debout. Sous les palmes, les blocs de la trémie bougent un peu et cela n'incite pas à la sérénité. L'eau provient d'un nouveau siphon (S4) qui semble partir perpendiculairement à l'axe principal, plein Nord… Effectuée dans de très mauvaises conditions de visibilité, une première tentative avec bi 4 l. sera stoppée après cinq mètres à peine, sur étroiture à -3, sans certitude d'être vraiment dans le bon passage…

Il faudrait de l'autonomie pour pouvoir chercher un peu, et si possible être à deux là-derrière au cas où la trémie se refermerait… Nous comprenons alors que la suite ne va pas être donnée et qu'il nous faut envisager de porter du matériel plus conséquent, et ce pour deux personnes… Dorénavant nous travaillerons en deux phases : portage de matériel lourd à travers les deux premiers siphons en combi étanche et stockage du matériel derrière le S2, puis plongées <> en humide et portage spéléo jusqu'au S3. L'acquisition récente de deux bouteilles de 7 l., 300 bars, en fibre de carbone nous facilitera quelque peu la tâche.




La Rivière des Belles-Mères" (Cliché Mihel Pauwels)


En juillet 2004, une nouvelle série de plongées nous permet de stocker ainsi 4 bouteilles 300 bars avec leurs détendeurs et accessoires devant le S3, ce qui devrait nous autoriser plusieurs tentatives d'affilée au lieu de devoir sortir à chaque fois le bi 4.

Avec de l'air à profusion et une bonne visi, l'étroiture du S4 paraît plus aisée et sera rapidement franchie, non sans avoir préalablement rééquipé le S3 en corde 10 mm. Les 10 m. de corde restants sont juste suffisants pour le S4 (9 m., -3) qui sort dans une cloche plus vaste. Deux à trois mètres au-dessus du niveau de l'eau, dans l'axe de la cloche qui reprend une direction E-O de bon aloi, on observe un beau départ de galerie. L'eau de la rivière, elle, provient, vous l'aurez deviné, d'un nouveau siphon qui part quant à lui dans la mauvaise direction !

Le lendemain, grâce à notre stock d'air, nous pouvons passer tous les deux le S4 et attaquer ces deux objectifs. Malheureusement le passage fossile, qui présente des traces d'ennoiement temporaire, est colmaté au bout de 25 m. Reste le siphon (S5)… Celui-ci se développe d'abord en diaclase étroite avec un courant très violent. Après une dizaine de m. d'oppo sous-marine à faible profondeur, on atteint la lèvre d'une sorte de puits oblique qui repasse sous la galerie d'accès et s'enfonce rapidement à –10. Le fonds est recouvert de sédiments épais et, malgré un courant toujours bien présent, la visibilité s'annule en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Arrêt sur ras-le-bol et doutes sur l'autonomie (impossibilité de lire les manos).



L'opération <>, une cerise sur le gâteau

Les premières explorations, jusqu'au S2 et la rivière des Belles-Mères, ont été réalisées au départ du S1bis en plongeant directement dans le puits noyé.  Cela impliquait toutefois à chaque plongée un portage pas très long, certes, mais boueux et emm…dant pour atteindre la mise à l'eau, elle-même plutôt emm…dante, et le retour du matériel dans un état inavouable.




Départ du S1 (Cliché Mihel Andrien)

Une mise à l'eau au S1, dans la galerie d'entrée d'accès facile et propre, nous aurait beaucoup mieux convenu, d'autant que Jacques avait pu entre-temps démontrer la liaison entre S1 et S1bis en faisant passer une corde au travers de l'étroiture infranchissable. Mais ces trois mètres de roche continuaient à nous narguer à chaque fois que nous sortions de la galerie fossile à quatre pattes, écrasés sous notre matériel cradingue.

Par chance le site convenait parfaitement à Robert Lévêque pour tester sous l'eau son matériel de désobstruction. Sous l'impulsion de Robert, avec la complicité agissante des membres du CASA, >l'opération Pétard mouillé< fut lancée pour éliminer l'obstacle. Après quelques séances de travail acharné pour forer sous l'eau les trous destinés à placer l'explosif, sous les caméras de David Gueulette, un grand boum vint mettre le point d'orgue à l'opération.

Désormais, grâce à Robert, nous avons une étroiture de plus dans le parcours ! Certes ce passage ne sera jamais une autoroute, mais après tout nous préférons, et de loin, cette étroiture noyée au vilain boyau <> qu'il nous fallait auparavant emprunter. Dis, Robert, tu n'aurais pas encore une toute petite charge ?

Conclusions et perspectives

Le développement topographié de la cavité atteint à présent 445 m., auxquels nous pouvons ajouter le S3 de 40 m. (-6), le S4 de 9 m. (-3), le S5 plongé sur 20 m. (-10) et une galerie de +/- 25 m. dans la dernière cloche . Les 100 m. connus ont donc été plus que quintuplés, et nous n'avons encore fait qu'effleurer le potentiel du réseau. Malheureusement, la morphologie des conduits n'en fait guère une exploration facile et rien n'indique que cela soit près de changer. Au contraire, le S5 ajoute une note de profondeur que nous ne pensions plus trouver aussi loin vers l'amont.

Les chances de trouver un grand réseau exondé semblent également minces, et cela risque de rester longtemps une explo de plongeurs. Toutefois, puisque la zone noyée se prolonge encore et toujours, il devient important de localiser en surface la salle du Docteur Thiry et de tenter un percement pour permettre un accès direct au S3, pour autant bien sûr que cela soit techniquement faisable et qu'un accord puisse être trouvé avec le propriétaire des terrains. Avec ou sans cet accès, la suite des explorations est prévue pour cet hiver 2004 à chaque fois que les conditions météo le permettront.



Bibliographie succincte

1897 Notice historique sur la seigneurie d'Aywaille, introduction à la réédition du Val de l'Amblève / LA GARDE, M. ; FRANCOTTE, G - Liège : Poncelet - (p.33)

1910 Les cavernes et rivières souterraines de la Belgique. - VAN DEN BROECK, E. ; MARTEL, E.-A. ; RAHIR, E. - Bruxelles : Berqueman . - (t.1, p.462-463)

1927 La vérité sur les Grottes d'Aywaille / KAYSER. - (brochure)

1929 PERNSTEIN-WARNANT C. - Les grottes de la province de Liège. - in : Bulletin des Chercheurs de la Wallonie, n° 4. - (p. 176-180)

1931 Le bassin d'alimentation de la Fontaine d'Aywaille / NYS L. ; LINSMAN M. - in : Annales de la Société Géologique de Belgique, T.54, n° 5 . -

1937 Histoire de l'ancienne seigneurie et commune d'Aywaille et de la région d'Ourthe-Amblève / THIRY L. (Dr). - (t.4, p.146-159)

1950 Cavernes / ANCIAUX DE FAVEAUX F. (dom). - Dinant : Guide de la nature. - (p.296, n° 74)

1952 Un Problème d'Hydrologie et de Spéléologie / THIRY L. (Dr) . - in : Bulletin des Chercheurs de la Wallonie, n° 15. - (p.257-263)

1961 Documents Spéléologiques / HOTTERBEEX M. (ed.). - Centre National de la Recherche Scientifique Souterraine. - (vol. 1, p. 9-10)

1967 Le Réseau du Chalet / DUYCKAERTS A. - in : Clair-Obscur, n° 2. - (p.21-38)

1969 Les phénomènes karstiques des régions du Vallon des Chantoirs / ROBERT J. - Bruxelles : l'Electron. - (p. 22)

1969 Etude Géochimique d'eaux souterraines par spectrographie d'émission / JADIN J. - Liège : Société Spéléologique de Wallonie. - (p.37-39)

1970 Protozoaires des grottes de Belgique / DELHEZ F. ; CHARDEZ D. - in : Annales de Spéléologie, T.25, fasc.1. - (p.117)

1970 Colloque de Plongée en Siphon - Louvain. -

1972 Hydrologie souterraine par prospection directe : Contribution à l'étude des karsts aquifères de Belgique - 1er Colloque National de Plongée Souterraine. - KUYPERS J.P. ; DANHEUX C. ; GOOSSENS J. ; LEDERER F. (eds) . - Bruxelles : Ministère des Affaires Economiques, Service Géologique de Belgique . - (Professional Paper ; 8) . - (p.24)

1980 Atlas des grottes de Belgique / DELBROUCK R. - Namur : S.E.TE.K. - (vol. 5)

1990 Rapport d'activités 1989 / Commission de Plongée Souterraine. - Liège : Société Spéléologique de Wallonie. - (p.3-4) 

2003 Dynamitage d'une étroiture dans le S1 de la grotte du Chalet à Aywaille / LEVEQUE R. - in : Regards Spéléo-Info, n°51. - (p. 20-22)

 


Ces explorations ont valu à Michel un diplôme délivré dans le cadre du mérite sportif 2004 par la Commune d'Aywaille.




Dernière mise à jour 26-06-2005

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