Explorations... ...en Belgique

 

Plongée au chantoir de Kin... (Aywaille)







Voici déjà un petit moment qu'un nouveau petit réseau avait été découvert par nos amis du Casa. En amont du beau petit méandre remontant de la salle Cri-Cri, quelques travaux musclés avait permit d'ouvrir une fissure verticale, passer ensuite un éboulis récalcitrant, descendre un R4 suivi d'une galerie pentue de bonnes dimensions, franchir un nouveau rétrécissement débouchant sur un nouveau R4 pour retrouver une belle grande diaclase. En amont, une cheminée avait été remonté en artif sans succès tandis qu'au point bas une vasque siphonnante mit directement un point final à l'explo de ce prolongement inespéré. Restait éventuellement, de l'avis de notre plongeur à tremper un masque dans cette flaque, des fois que le ruisselet pourrait être suivi à l'air libre quelques mètres derrière.


Ayant eu vent de ces exploits, je n'eu guère de difficulté à mettre cet objectif au programme du club, Jacques embrayant de suite sur ce projet qui le titillait.

C'est donc dans ce contexte que Michel A., Michaël L., Christophe B., Jacques P. et moi nous sommes retrouvés le samedi 13 novembre 2004 après-midi coltinant 3 kits avec le minimum de matériel de plongée nécessaire pour tenter de franchir l'obstacle. Un petit reportage photo
(clichés Jak) a été réalisé et est visible à partir du lien ci-dessous. Vous apprendrez que le siphon est malheureusement infranchissable.



Le souvenir que nous gardons de cette sortie ne sera certes pas le résultat obtenu puisque le siphon est malheureusement infranchissable mais plutôt la motivation et l'audace de Jacques. Et puis aussi la mésaventure que j'ai fait subir (de son plein gré, j'insiste ;-) à Christophe en lui proposant de ressortir en varappe par le circuit flotté. C'était l'occasion puisqu'il ne connaissait pas !

Descendus à la salle des Troisfontaines, nous nous sommes donc élevés dans les embruns du réseau Jules (voir la coupe simplifiée en bas de page) pour repasser à travers un éboulis lessivé par le ruisseau au pied du puits principal . Il ne restait plus qu'à remonter une succession de ressauts flottés (non représentés sur la topo) pour court-circuiter la verticale,
déséquipée comme convenu par nos compagnons. Ce qu'on fit ! Plusieurs fois même ! Mais sans trouver d'issue... J'étais pourtant déjà passé une fois par là. A ma décharge, c'était ventre à terre, au cul de Michel lorsqu'il me fit découvrir en une seule visite quasi l'intégrale du chantoir. J'avais le souvenir d'un passage bien rincé qui ramenait au pied du ressaut d'entrée. Mais aujourd'hui, toutes mes tentatives à travers blocs et flotte glaciale n'aboutissent à rien sinon à des pincements. Peut-être un éboulement dans cette zone super active avait-il obstrué le passage clé ?

Etant frigorifiés, une décision s'impose : se replier dans la salle Cri-Cri et attendre que les autres s'inquiétent de notre sort, que l'un d'entre-eux vienne replacer la corde dans le puits pour nous délivrer.... S'étant fait à cette idée et conscients qu'il leur faudra du temps avant de réagir, nous envisageons de faire la tortue. Pas longtemps car je me rends compte que ma couverture de survie est dans mon bidon étanche resté dans un kit déjà en surface... Quand à celle de Christophe qu'il avait précieusement emballé dans son casque il y a de ça bien longtemps, impossible de la déplier sans qu'elle ne parte en lambeaux.... Une carbure pour deux, pas de couverture, on est beaux ! Et tout ça à 20 m de la surface... La loi de Murphy, vous connaissez ?

Une heure passe à se demander si nos amis ne sont pas déjà à nous attendre au bar du Chalet quand enfin nous entendons des sifflements couverts par le bruit de l'eau et auxquels nous répondons. Une demi-heure plus tard, Michel est au sommet du puits et nous rejoint... sans corde... par le passage clé qui n'est autre qu'un tobbogan complètement occulté par un rideau d'eau sur plusieurs mètres de long... J'avais tout à l'heure buté sur cet écran liquide mais vu que ce passage redescendait, j'avais jugé stupide de m'y engager, persuadé qu'il ne pouvait que replonger vers le fond...

En moins de 5min nous sommes dehors, encore plus trempés. Taquins, Jacques et Michaël -ravis d'avoir réenfilé pour rien leur combis dans le nuit tombée et le froid piquant- nous acceuillent en chantant à tue-tête "les jolies colonies de vacances".

Ah ! c'est sûr, on s'en souviendra ! Autant que la fois où nos comparses, en retard sur l'heure prévue de sortie, avaient ici même déclenché une mise en alerte Spéléo-Secours ;-)

Jack





Dernière mise à jour 04-11-2005

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