Nos explorations ...... en Belgique




Vidange du lac de la Grotte Sainte-Anne


Ils sont nombreux ceux qui ont plongé les lacs supérieurs de cette grande classique liégeoise.

Alimentés par l'arrivée d'eau débouchant en amont de la galerie des Gours, ils débordent pour rejoindre le niveau inférieur via la célèbre 'boîte aux lettres'.

Si tous les plongeurs étaient unanimes pour décrire le plan d'eau amont comme étant un simple lac profond de 3 à 4 m sans issues, il n'en était pas de même pour le 1er que l'on doit enjamber pour parcourir le réseau 'Etienne Lemaire' et qualifié de 'réseau noyé -12m' sur la topo du GAS de 1969. Il faut dire que le moindre mouvement sous l'eau rendait vite la visibilité nulle.

Néanmoins, tous remarquèrent le concrétionnement important. Cette zone était donc jadis aérienne. Par ailleurs, une fissure trop étroite que pour être abordée sous l'eau fut aperçue.

Intéressant ! Peut-être qu'une désobstruction...?La cavité étant sujette à cette endroit à un sérieux boulversement géologique et morphologique, il fut décidé d'essayer d'y voir un peu plus clair. Pour cela, le mieux était de vider le lac !

C'est ainsi q'en cette fin 1986, de nombreux hollandais en vadrouille dans la grotte durent cotoyer un tuyau rigide (2 pouces de diamètre) encombrant sur 65 m la galerie reliant le réseau noyé à la rivière.

Durement acheminé, mis en place et amorcé, ce 'siphon artificielle' allait nous permettre le 4 janvier 1987 de réaliser notre projet.

Malgré la crue à la mesure des inondations ravageant la vallée de l'Ourthe, notre installation eut facilement raison de la poche d'eau.

Huit heures après le lancement de l'opération, qui vit un puissant jet d'eau jaillir de l'extrémité avant du tuyau, la dernière goutte de boue liquide était aspirée.

Environ 80 m3 d'eau s'étaient ainsi écoulé à travers la boîte aux lettres et la baignoire pour rejoindre en cascade le cours actif inférieur. Ils laissaient place à un large espace, encombré de concrétions massives et aux parois entièrement tapissées de calcite cristalline.

Spectacle inoubliable, voir même impressionnant mais éphémère puisque le système une fois désamorcé, le débit de l'écoulement permanent reprenait petit à petit le dessus.

Cependant, il nous fut largement loisible de relever la topo des lieux et de côter ainsi le fond à -6.6m !

Quant à la fissure, elle était bien là, prolongeant vers l'Est le niveau de la galerie atteint au fond du lac. On put s'y infiltrer sur 3 m. Mais là, les parois se resserrent irrémédiablement, ne laissant filtrer aucun espoir de continuation.

Sainte Anne aura don repoussé nos avances. Nullement rancuniers, nous en avons profité pour lui refaire une beauté en la soulageant d'un kit rempli de déchets qui polluaient les lacs (principalement des piles...). Une manière comme une autre d'aborder l'année européenne de l'environnement !

 



Dernière mise à jour 18-04-2005

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