Les Carnets de C7..... Sortie spéléo


Grotte du GOURNIER ...'post-ex-siphon'

Texte et photos JC LONDON

 

 

Ambiance aquatique au GournierSamedi 6 févr.-99, Presles, 0h15. Après les 9 heures passées sur les autoroutes françaises et les petites routes enneigées du plateau de Coulmes, c'est avec soulagement que nous prenons quelques heures de repos à l'abri du refuge communal. Au petit matin nous y retrouvons autour du petit déjeuner Hélène, Monica, Jean-Paul Sounier et Tristan Despaignes, tout quatre rescapés de l'expédition 'Nakanaï 4/20/10/8'.

Si Philippe, Barbara, Mia sa copine brésilienne et moi-même sommes ici, c'est assurément 'à cause' d'Alain Grignard qui voulait partager avec tous ses potes l'invitation de Tristan à venir découvrir l'extrême amont de la grotte du Gournier.

Mais côté belge, ce sera l'hécatombe. Je me retrouve seul à participer à cette sortie mémorable, étant entendu que Mosa venait pour faire découvrir la région à Barbara.

C'est à l'accueil de l'entrée touristique des grottes de Choranche que nous retrouvons le reste de l'équipe. Sont déjà présents les frères Marbach : Jo et Alain, Philippe Audra, bientôt rejoints par Arnaud, Daniel et Stéphane. Autre figure connue que je retrouve avec plaisir, Laurent Garnier qui travaille à la grotte touristique. C'est chez lui et Marlène dans leur sympathique petite chaumière de St Hilaire que les Meus passeront d'ailleurs la nuit.

Nous ne sommes donc pas moins de 11 à traverser le lac d'entrée pour ensuite parcourir en petite tenue la longue galerie fossile jusqu'à l'accès le plus éloigné à la circulation souterraine. Une petite pause pour enfiler pontonnière ou néoprène et c'est alors la longue remontée de la rivière. Tantôt en oppo, tantôt sur fil clair, souvent dans l'eau jusqu'aux genoux, voir au nombril, les passages aquatiques s'enchaînent, tous aussi beaux les uns que les autres. Puits et cascades rééquipés par le club de Tristan nous permettent ainsi de remonter jusqu'à ce qui fut longtemps le siphon 1. Cet obstacle perché au dessus d'une cascade de 17 m avait jadis (en 1969, il y a trente ans !) arrêté la première emmenée à l'époque par l'équipe des . . . Marbach. Franchis bien plus tard par des plongeurs, le Gournier allait tenir ses promesses. Au delà d'un S2, la cavité continuait à se faufiler très loin sous le plateau de Presles. Jusqu'à ce qu'une crue emportent trois de ces malheureux explorateurs.


Sortie de lC'est seulement début des années '90 que resurgit l'idée de faire sauter la margelle du siphon 1. Ausculté en plongée, il apparut qu'il fallait descendre le niveau de 5m … Ce qui fut fait ! En deux ans d'acharnement, au prix de portages bestiaux de matériel et de travaux aux explosifs que l'on qualifiera de titanesque, le socle de la galerie active fut descendu de 5 m et le plafond du siphon attaqué pour ouvrir un tunnel franchissable à l'étiage.

Le résultat que nous contemplons aujourd'hui est stupéfiant. La vieille corde amarrée 5 m au-dessus de nos casques atteste de l'ancien niveau d'eau. Un radeau insubmersible fait de gros tuyaux en plastique nous permet de traverser l'ex siphon à trois en même temps. Quant à la sortie, là où les plongeurs avaient quelques coups de palmes à donner pour émerger, c'est maintenant à l'échelle qu'il faut grimper avant de retrouver la rivière et ses interminables marmites.

Vient alors le siphon 2. Une escalade suivit d'un réseau supérieur permet maintenant de l'éviter.

Il est 20 heures lorsque nous débouchons dans le grand chaos, immense galerie où il faut crapahuter encore un quart d'heure avant d'atteindre l'endroit du bivouac. Il nous aura fallu 8 heures pour venir jusqu'ici, à la côte +480. Chacun déballe le contenu de son sherpa . Bouffe, couchages, vêtements de rechange viennent grossir l'équipement imposant déjà en place. C'est que nos explorateurs ont bien fait les choses. Il y a ici une grande tente fabrication maison, des hamacs et de quoi tenir un siège de 15 jours au cas où un caprice de la météo les empêcherait de sortir en toute sécurité.

Personnellement, n'ayant plus rien fait depuis des mois, je suis un peu cassé et décline l'invitation de JPS et Philippe Audra qui ont décidé de pousser plus loin la visite après le souper. De plus, j'ai envie de profiter de l'ambiance conviviale de cette soirée unique. Vaste, propre, tempéré, l'endroit est super confortable. Tandis que certains s'entassent dans la tente, que d'autres comme Jo installent leur hamac, j'opte pour le matelas et mon sac hollofil léger.


Dimanche. Malgré mes craintes, tout le monde sort des plumes vers 07h30. C'est, qu'outre la sortie, ils nous faudra encore se taper le retour en Belgique ! Devant le p'tit-déj, nos deux noctambules nous racontent avec enthousiasme la suite du trou qui sera désormais qualifié de 'petit Muruk français'. Une bonne raison pour revenir avec les copains et une journée de plus.

Tristan et Daniel s'apprêtent à effectuer une pointe à l'extrême amont (à 4 heures de progression !). Il passerons encore une nuit pour ressortir demain. Quant à nous, nous nous remettons en route vers 09h00. J'ouvre la marche, nettement moins physique dans ce sens. La première navette du radeau effectuée, Philippe et moi partons de l'avant pour atteindre, sous une pluie glaciale, le parking vers 14 heures. J'y retrouve Mosa, Mozette et notre Brésilienne encore envoûtés par la vision des 'Couffinades', heureux de leur balade à Bournillon et Moulin Marquis, rassasiés de produits locaux et ravis de l'accueil des Garnier.

Le temps de me changer à l'abri, de m'enfiler quelques délicieuses boulettes 'polonaises' et 1/2 litre de chocolat chaud, et nous prenons congé du Vercors, les autres n'étant pas encore sortis. Retour via Valence, sans problème jusqu'au Luxembourg. Ensuite, grosse galère pour atteindre Liège, le réseau routier belge étant entièrement paralysé par la neige. Arrivée à Seraing lundi à 03H00. Lever à 07H00 pour à nouveau affronter la neige et reprendre le boulot.



Jo Marbach, toujours bon pied bon oeil !


Dernière mise à jour 19-04-2005

Powered by NetPack