Kawanaghee


Un chapia sur une couverture indienne...



Olivier : un gros ours avec un chapeau, débonnaire mais efficace, débordant de gentillesse, d'humour et de bons sens. Depuis dix ans, tu avais lié ton rêve aux nôtres. Tu montais là-haut pour te fondre dans la montagne. Maintenant, c'est fait.

Tu as choisi de rendre nos techniques spéléos utiles à la société. Tu combinais les risques de notre hobby aux risques industriels bien plus sournois. Tu savais que ton chemin de Précurseur était dangereux et tu étais prudent. Nous admirions ta sagacité et ta prudence. Avec toi, nous étions en sécurité. Chaque jour, tu remontais t'exposer sur ta corde pour gagner ta croûte en faisant des travaux que bien peu ont le courage ou la capacité de faire. Tu étais bien un indien des gratte-ciel.

Tu es tombé sans un cri. Le pourquoi n'a plus d'importance. Que nous importe de chercher un coupable, une explication ou une consolation. C'est une mentalité de juge, d'assureur ou de médiocre. Pour nous, tu es parti ! Que tu sois tombé dans un piège vicieux, imprévisible ou que tu aie simplement merdé ne signifie rien. Chercher à s'éloigner du sol est une lutte sans défaut ni repos contre la gravité. Celle-ci finit toujours par gagner d'une manière ou d'une autre.

Pour toi, l'indien qui te voulais partie de ton environnement, tu ne vois là qu'un enchaînement de circonstances dont tu faisais intimement partie. Il n'y a ni coupable ni victime, ni vainqueur ni perdant, ni fatalité mais simplement le temps qui passe.

Ton dernier message, le plus coûteux qui soit aura été : 'Faites gaffe les gars ! Parfois, ça foire !'

Moi qui ne monte sur ma corde qu'une fois au bout d'une lune, je te dis merci pour ça et pour tout le reste.

Je me tais, l'écran n'est plus bien net. Un Chapia sur une couverture indienne floue… Salut Olivier, on t'aimait bien…

Guy


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Dernière mise à jour 19-04-2005

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