Spéléo sur le Ger Le gouffre des Isards



ETE 94 - we du 21 juillet


Nous ne pouvions pas rester sur deux défaites. L'été s'annonçait beau. Il fallait faire la peau à ce trou. D'autant que de nouveaux contacts avec Yannick Carfantan nous motivaient encore plus. Lui et son groupe, le CASC, travaillent avec le SCP et J-L Siriex sur le Ger depuis longtemps. Ce sont eux qui dernièrement ont démontré la jonction 3 Dents-Quèbe de Cotche. C'et ainsi que nous avons appris qu'ils poursuivent les explos dans Ley (arrêt en 91 sur escalade à +410) et qu'ils n'ont jamais vraiment atteint un terminus dans les Isards, jugé par ailleurs difficile pour tenter la jonction par ce côté. Notre topo est bien sûr un élément précieux. Cependant, sans l'avouer, notre présence aux Isards semble les contrarier un peu. Yannik nous invite à se retrouver lors de leur camp annuel fin août.

En attendant, comme nous avions quatre jours pour la fête nationale, un trip éclair a été mis sur pied. Nous étions 5 spéléos à descendre dans le sud un mercredi soir (le 20/07). La courageuse Florence accompagnait l'intrépide Robs dans notre dernière acquisition le “Toquartank”, un vieux Land Cruiser qui restera sur place. Mosa, Thomas et Robs sont descendus relax avec le break Kadett en passant dire bonjour aux Bivert.

Cette fois, les résultats furent à la hauteur des efforts fournis. Cela mérite quelques détails.

Jeudi 21/07 :Jacques Loussalès sur qui nous comptions pour nous faire découvrir la mine de Balour, a un pied en compote. Mosa et Thomas y vont donc seuls pour topographier cet aussi curieux qu'ancien site d'extraction. Thomas se farcit du matériel de plongée pour rien, les plans d'eau signalés par Jacques étant introuvables. Mine de rien, ça leur prend tout l'après midi.

Après une petite sieste, Florence accompagne Jack aux Isards où ils rééquipent les puits d'entrée et installent une longue main-courante au début de la “Voie Rapide”.

Nous avions appris que les propriétaires des cordes en place (des gens du coin) avaient déséquipé le trou en septembre 93, probablement après notre camp. De fait, c'était bien le cas. Heureusement, ils se sont contentés de sortir les cordes des puits d'entrée. Plus bas, tout est resté en place. TPST 4 heures.

Robs pour sa part, après une << dépose >> aux Isards descend à lscoo pour se rendre compte du dégât des crues sur notre instable chantier.

Vendredi 22/07 : Après une bonne nuit à la caserne, à peine perturbée par une sombre histoire de clé, tout le monde n'aspire qu'à une chose : descendre aux Isards pour une longue pointe !

Robert et Thomas sont désignés volontaires pour tenter d'atteindre le fond que nous imaginons très loin puisque les Français parlaient de 20 h aller-retour. Ils prennent de quoi se reposer quelques heures au “Sun Park”. Mosa et Jack ont pour objectifs de suivre la circulation s'insinuant dans une étroite diaclase au bas de la Voie Rapide et/ou de poursuivre la topo. Bivouac précaire prévu au bas de l'Eh Qwè Salle.

Fl0 garde ses forces pour donner un coup de main au déséquipement et profite de cette belle journée pour monter au Pic de Ger via Pène blanque.

Isars méandre T.jpgNous entrons vers midi dans le trou. En équipant et en cherchant le chemin, Robs et Thomas progressent vers le fond. 2h30 pour atteindre le Sun Park, 1/2 h de repos et 5h30 jusqu'un puits d'une dizaine de mètres qui semble être le terminus de J-L Siriex. Demi-tour à 21 h, Thomas s'étant enfoncé jusqu'à la poitrine dans une vasque. Retour au Sun Park à 03h00 du mat pour dormir quelques heures avant de remonter. Tout deux estiment être descendu entre -450 et -500. L'équipement est relativement foireux. La C25 équipant un puits de 5 m doit être coupée au noeud brulé. La C20 traversant le plafond sert de corde guide et nécessite deux bons amarrages sur spits. Le dernier puits mérite une plus longue corde (le bout récupéré sur la C25 devrait suffire). Le courant d'air est toujours présent. Au bas du dernier puits, Thomas prétend que le méandre continue. A confirmer... Par contre, rien de ressemblant au descriptions de la pointe faite par Yannick sinon qu'il faut réellement 20 heures pour l'aller-retour. Au 2/3 du parcours, une niche pourrait se prêter à l'installation d'un bivouac sommaire qui sera bien utile pour la poursuite de la topo. TPST : 26 heures dont 9 heures à la descente, 11 heures à la remontée et 6 heures de repos.

Sur ce temps, Jack et Mosa n'en menaient pas large dans le << Tord Boyau >>… A pied d'oeuvre, 5 heures de raclements leur permettent de progresser tout au plus de 100 m à vol d'oiseau dans cette véritable “salopetterie”. Quelques petits ressauts sont équipés sur spits. Un banc de roche pourri rend certains passages dangereux. La grosse lèvre inférieure de Mosa en fera la sanguinolente expérience. Heureusement rien de grave. Finalement, alors que le méandre semblait se resserrer définitivement et que le moral n'y était plus, un élargissement dans le plafond débouchait sur un carrefour prometteur. A droite, une conduite forcée remontante où s'enfile le courant d'air. Jack la parcourt à quatre pattes. Au point haut, le courant d'air lui échappe (peut-être en direction du laminoir débouchant à l'entrée de la soufflerie ?). A la faveur d'un joint de strate, il redescend, se frayant un passage à travers les fistuleuses jusqu'à retrouver un petit affluent. Arrêt sur une zone ébouleuse à négocier au moins à deux. Sur ce temps, Philippe est allé jeter un oeil à dans le conduit de gauche qui recoupe rapidement un autre méandre bien plus spacieux, du moins à dimensions humaines. Au fond, une nouvelle circulation. En amont, une terrasse devrait convenir pour un bivouac sommaire sur hamac. L'aval est laissé pour une autre pointe. Remontée jusqu'à -100, complètement déshydratés et l'estomac dans les talons, en 4 heures. Le temps de se faire un lit de cailloux et d'avaler un lyo, il est minuit passé lorsqu'ils s'enfilent dans leur sac de couchage.

Samedi 23/08 : Robs et Thomas ne traînent guère sous l'abri du “Sun Park”. Mis à part l'inconfort du sol, ils ont pu profiter de quelques heures de repos. Florence, en solo, retrouve Mosa et Jack au pied du lit, au bas du grand puits. Le brunch terminé, ils partent ensemble en début d'après-midi pour aller poursuivre la topo à partir de la vasque de -300, objectif à 2 heures de progression. La rencontre avec l'équipe du fond a lieu rapidement. Florence remonte avec eux pour aider à ressortir le matériel de bivouac. Un beau geste très apprécié. La prochaine fois, c'est juré, on l'emmène vers le fond!

Pour les topographes, le temps passe trop vite. La moyenne des visées reste de 4 à 5 m. Après quelques 150 m de levés, il est largement temps de penser à la remontée. Sortie à la nuit tombante après un périple de 36 heures. Mis à part la C20 d'entrée, le gouffre est laissé équipé.

A la caserne, nous retrouvons Michel, Mathieu et Etienne ainsi que Babette et Françoise Renard qui, dès dimanche, entament, en cie de Thomas, une longue randonnée au départ de Gavarnie alors que Robs, Mosa, Jack et Florence retraversent la France pour regagner la Belgique.



Dernière mise à jour 06-05-2005

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