Spéléo sur le Ger Le gouffre des Isards

Camp C7 au Printemps 1993


Participants: Robs, Thomas, Mosa, Jack, Guy, Olivier, Axel, Pascal, Françoise et Lionel.

 

Les Isards : un long méandre entrecoupé de ressautsL'idée d'effectuer un traçage à partir du Gouffre des Isards (Gourette,Pyr. Atl.) nous trottait dans la tête depuis longtemps. Fin mai nous semblait une bonne époque pour le tenter même si l'absence quasi totale d'information sur la cavité n'allait pas nous faciliter la tâche. Finalement grâce à Jacques Loussalès qui connaissait l'entrée et aux observations de Pascal Mouneyrat de PASP qui l'avait visité en partie, tout se passa pour le mieux. Voici en résumé le déroulement du camp de l'Ascension-Pentecôte et quelques impressions sur le vif.

Jeudi 20 mai : arrivée en fin de matinée. Fouille à Iscoo et visite à Debatch dans l'après-midi. Rencontre avec les gars de l'ASP en soirée.

 

Vendredi 21 mai: montée en jeep aux Isards avec Jacques et son fils Lionel. Toute la tribu descend sauf Jack qui devait faire un crochet par Rennes à l'aller. Du matériel de pointe est toujours en place. Quasi rien à redire à l'équipement. Cependant, la plupart des boulons de plaquettes sont bien rouillés et quelques obstacles mériteraient un bout de nouille. Arrêt au bas d'une étroiture oblique donnant sur R5 avec en aval la suite d'une circulation qui semble être différente de celle suivie au début jusqu'à un puits non descendu, et en amont un conduit ventilé où Olivier s'arrête sur une cascade de 5m, équipée en fixe et au pied de laquelle traînent deux bites à carbure. Guy et Mosa entament la topographie (4 heures). Descente dans la vallée à pied pour tout le monde et de surcroît de nuit pour les deux topographes. Bref, les Isards, ce n'est peut-être pas du gâteau !

Samedi 22 mai : Olivier et les 2 cousins vont gratter à lscoo et prospecter le bois jusque sur la crête.

Guy et Mosa poursuivent la topo aux Isards (encore une séance de 4 h) après avoir injecté du colorant (285 gr d'uranine au pt 67 entre 131, 35 et 13h43) dans la première circulation rencontrée. Robs, Tom et Jack (arrivé la veille avec Françoise et Lionel) continuent vers l'aval en fléchant. La rivière délaissée hier reçoit de nombreux affluents et le méandre devient plus vivable, voir agréable. Mais il n'en finit pas. Plusieurs ressauts équipés sont descendus. Un bidon avec des vivres périmés depuis 1990 est trouvé. Il appartenait à O. Gaspé. Arrêt, au bout de 5 heures de progression non-stop, sur une cascatelle non équipée. D'après Pascal Mouneyrat de I'ASP qui est déjà descendu jusqu'au ‘tunnel du vent', il y aurait au-delà de notre terminus 2 voûtes basses probablement noyées en cette époque et une trémie marquant la fin du trou vers - 400m. En tout cas, on a beau s'écarquiller les yeux, pas de trace de fluo dans la rivière ce qui semble démontrer qu'il y a une diffluence. Remontée en 7 heures en sortant 2 kits. Le voyage, la sortie de la veille et le retour à pied dans la vallée aidant, on est bien entamé et il faut avouer que la topo est loin d'être finie (à ce sujet, il y a des restes de topofil jusqu'au tunnel du vent, après plus rien).

Mosa descend plusieurs fois la nuit à Ley pour prélever des échantillons d'eau.

Dimanche 23 mai : Olivier, Pascal, Axel, Tom et Robs rentrent en Belgique. Repos pour les autres sauf pour Mosa qui poursuit régulièrement ses échantillonnages. Entrevue avec les gars de l'Asp qui dynamitent un souffleur sur les dalles an dessous des Isards.

Lundi 24 mai: Guy monte au lac d'Anglas en cie de Pierre et Vero Bivert. Derniers prélèvements d'eau à Ley.

Mardi 25 mai : grâce à JP Tuquet (ex-pompier concierge du ‘Sanctus' à Gourette), Mosa, Guy et Jack montent en jeep jusqu'au ravin de Bezou dès 8 h du matin. Le temps est honnête, malgré une météo très pessimiste. Entrée à 9h30. Le gouffre n'est pas plus arrosé que la fois précédente. En faisant quelques photos dans les puits, on descend jusqu'au terminus topo, c-à-d au niveau d'un passage aérien en oppo suivi d'un ressaut étroit, ceci peu avant l'étroiture oblique. Guy et Mosa poursuivent la topo tandis que Jack installe une MC dans ces passages délicats avant de remonter l'affluent entrevu par Olivier. Une longue MC au dessus du méandre est toujours en place. Au delà de la petite cascade (3m), un court boyau cupuleux mène au pied d'un puits qui assurément a été équipé par le haut. Un autre ressaut avec des cordes (marquées en 1983 avec des plaquettes ‘Casc') et ensuitequelques passages acrobatiques dans le haut du méandre finissent par déboucher au niveau du ‘spit mystérieux'. La boucle est bouclée. Dorénavant, on passera par cet accès, nettement plus court et confortable. Il faudrait cependant installé une MC (au moins 50 m> car fatigué etlou avec un kit, c'est pas donné. On nommerait bien ce passage “Berdorf' Jack retrouve ensuite le spéléographe et son spéléomètre pour poursuive avec eux cette tâche, ô combien enrichiante, jusqu'au tunnel ventilé (à noter au passage un R4 où un bout de nouille serait utile). On rajoute ainsi 200 m de topo qui auront encore nécessité 4 heures de levés. Il est 16 h lorsque la remontée est entamée en déséquipant le méandre parallèle où on ne mettra plus les pieds et la C100 dans les puits d'entrée. Sortie à 18h30 et descente sur Gourette à pattes, bien chargé. Mais on n'a pas à se plaindre, il ne pleut pas. Arrivée comme prévu à 20 h à la caserne (soit 12 h plus tard). Le temps d'une douche, du souper et Guy embarque avec Pierre et Véro pour rentrer de nuit en Belgique.

Mercredi 26 mai lever tardif malgré le réveil matinal de Lionel. Il a plus une bonne partie de la nuit et continue sans cesse. Mosa émet l'idée de réaliser un jeaugeage par dillution des sources de la vallée du Valentin avec le reste de fluo, question d'avoir une idée précise des débits en période de crue. Grâce à la pharmacienne, trois doses de 20 gr sont préparées. Contre toute attente, le temps se dégage et on bénéficie d'un après-midi superbe et qu'on met a profit pour réaliser les expériences.

On ne saurait mieux tomber puisque la grotte de Ley s'est mis en charge et dégueule une cascade par l'entrée W. Sa conductivité est la même qu'à la source derrière la station d'épuration, confirmant donc que cette source est bien le principal exutoire du cirque de Ley et qu'elle est en relation avec la grotte. Le jaugeage par dilution donnera les résultas suivants : 24,2 mS/s pour le Valentin en aval de la cascade et 8,6 mS/s pour la source. A ce dernier résultat, il faudrait ajouter le débit du trop-plein issu de la grotte mais qui ne pourrait être connu que par une comparaison entre des mesures faites dans le Valentin en amont et en aval de la grotte. La même méthode pourrait être appliquée pour connaître le débit de la résurgence du Plaa Debatch où la courte distance entre la source et le confluent ne permet pas des mesures semblables. Ce ne sera pas pour celle fois.

En fin d'après-midi, les deux autres doses de traceur sont larguées à lscoo Amont et lscoo aval où le parcours aérien avant la confluence avec le Valentin permet d'obtenir de bons résultats. Après analyses en Belgique des échantillons prélevés toutes les 10 à 20 sec, on obtient pour lscoo amont 5 mS/s (l'eau apparaissait très haut derrière le captage) et pour lscoo aval 3,2m3/s (moins forte mais l'eau sort quant même au dessus de la grille).

Bref, une journée de repos bien mise à profit et en cie cette fois de Françoise et Lionel.

Jeudi 27 mai : lever matinal pour être au RV avec JP Tuquet à 7h45 au Sanctus. Un quart d'heure de jeep et nous sommes au dessus de la station intermédiaire avec la poisse qui se dissipe petit à petit. Les sommets sont couverts de neige fraîchement tombée cette nuit. Vingt minutes de marche et nous sommes au trou. Entrée à 9h30, un record en soi. A 10 h, on est à pied d'oeuvre à savoir au sommet du “parcours oppo >> qu'on a décidé de topographier jusqu'à la jonction avec le réseau parallèle sous l'étroiture oblique. Il nous faudra 5 heures. Dans la partie active, le courant d'air a vite fait de nous refroidir. En plus, Mosa traîne avec lui les microbes leygués par Guy. Avant de remonter, Jack descend au niveau de la MC dans le fond du méandre, intrigué par l'eau qui y disparaît sans réapparaître immédiatement en aval. Derrière un rétrécissement sérieux, il retrouve un méandre humain mais défendu par un R3 viandeux nécessitant un bout de ficelle. Où va celle flottee qui est celle que nous avons colorée ? Un mystère de plus à éclaircir et de la première en perspective.

V 28/05 repos avec ballade autour du lac de Biou-Artigue dans le Parc Naturel.

S 29/05 Montée au Lac d'Artouste par le télécabine de la Sagette et les 10 Km du petit train longeant la vallée du Soussouéou et le massif des Arcizelles. Un baptême d'altitude pour Lionel (2000 m).

D 30/05 retour en Belgique avant la cohue du lundi de Pentecôte.

 

Résultats des courses

  • 14 heures de topos, 135 visées jusqu'à -203. Dév : 663m pour une pénétration de 335 m soit un déplacement de 240 m vers le nord et 122 m vers l'est.
  • Traçage positif: le colorant a été décelé à la source de Ley (derrière la station d'épuration) une douzaine d'heures après l'injection. Rien à lscoo.


Dernière mise à jour 19-04-2005

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