Spéléo sur le Ger  Le gouffre des Isards

Question de mettre a profit les revers de la météo, nous avons effectué, à la demande de la commune qui puisse son eau potable du karst, un traçage à partir du gouffre des Isards, (Z=1953m).../..

Des recherches préliminaires, peu fructueuses, sur “l'identité” du gouffre des Isards nous avaient laissé sur notre faim. En guise de curriculum vitae, seules quelques lignes dans Spelunca (J-L Siriex,n25, 1987) nous apprenaient qu'une descente avait été faite jusqu'une trémie à -500 (estimation altimètre), l'explo étant en cours. Et depuis, plus de nouvelle. Curieux d'en savoir plus sur ce drain d'un massif que nous affectionnons tant, nous sommes allés voir de plus près en commençant une tâche qui semble-t-il a été abandonnée par les premiers explorateurs : la topographie. Connaissant maintenant le trou, on comprend aisément pourquoi ! .../..

Extrait de l'information transmise à Spelunca

Camp de l'été 93


Deuxième acte de “Ger 93” qui avait pour objectif le Capéran, ce camp d'une semaine sera finalement consacré par la force des choses, en l'occurrence les forces naturelles, au gouffre des Isards, plus accessible. Fidèle à notre habitude, voici retranscrit, sans fioritures, le déroulement du séjour.

D 22/08 : départ en soirée de Seraing. Michel, Mathieu, Etienne avec Olivier en Niva, Françoise, Lionel, Cerise et Jack avec la Sierra en empruntant les autoroutes. Longue nuit au volant avec quelques heures de repos sur un parking.

L 23/08 : arrivée ensemble vers 11 h à Eaux-Bonnes où on a la chance de retrouver Jacques et Fassoli à l'apéro. Toujours aussi hospitaliers, ils nous filent les clés de la caserne et nous autorisent à séjourner dans l'appartement à Gourette. Sieste et préparatifs pour le lendemain. Au programme : les Isards. Météo mauvaise et pessimiste pour le reste de la semaine...

Ma 24/08 on parvient à démarrer tôt. Montée par la nouvelle piste qui serpentent doucement jusqu'à la nouvelle bergerie du Bezou. Grâce à la jeep, on peut continuer jusqu'au dessus de la station intermédiaire d'où il reste 20 min à peine de marche. Défiant les prévisions météo, le brouillard se dissipe. Soleil et nuages illuminent et contrastent le paysage.

Il est 10 h quand nous pénétrons dans l'étroite cheminée d'entrée. Nous équipons seulement les deux premiers puits avec nos cordes. Plus bas, nous utilisons l'équipement en place, en changeant les mousquetons de tête pour les nôtres à virole.

Nous constatons vite qu'il y a nettement moins d'eau qu'en mai. Logique! Connaissant déjà mieux le cheminement et chargé à peine d'un kit pour trois, nous avançons rapidement. Une corde trop courte est installée au départ de la ”Voie Rapide”. Cette longue oppo aérienne mériterait une MC en 8mm jusqu'à l'aplomb du premier petit puits, question de sécuriser le passage (prévoir env 50 m, sangles et spits). Plus bas, nous récupérons les cordes laissées inutilisées par nos prédécesseurs ( min 2 x 25 m de 8mm). Nous mettons quand même environ 4 heures pour rejoindre à notre aise le terminus atteint en mai. Le débit en moins, les cascatelles sont franchies facilement et le méandre continue son petit bonhomme de chemin vers Gourette. Les repères manquent pour garder en tête une description du cheminemen jusqu'au moment où le cours d'eau se faufile dans un pertuis pénétrable mais moins engageant qu'une conduite parallèle qui n'aboutit finalement qu'à une voûte basse cachant un petit siphon. Cependant, un peu en retrait, dans le plafond, un pas délicat nous ramène dans un méandre de bonne dimension et ventilé. Serait-ce de la première? Non! Le R5 qui se présente est pourvu d'un spit. Un affluent provient du plafond et nous amène sur un nouveau R4. Sa base est le premier endroit qui inspire une pause. Nous décidons d'avancer encore un quart d'heure avant de rebrousser chemin, ce qui nous permet de retrouver très rapidement le cours principal au prix d'une désescalade délicate d'un ressaut de 5 m. En amont, l'eau dévale avec force d'une cascadelle de 4 m. En aval, nous progressons dans le fond d'une diaclase tortueuse et très haute que rien ne semble pouvoir arrêter. Nous accrochons la corde et faisons demi-tour. Difficile de chiffrer la progression. Nous estimons être à -400. Mais maintenant que j'y réfléchi en mettant ces notes au net, ça voudrait dire qu'on est vers 1550 m d'altitude alors que l'amont de Ley (+376) doit se situer vers 1600 m...

Aurions-nous jonctionner sans le savoir ? Où est cette fameuse trémie dont nous ont parlé les Français?

A l”Aire de Repos”, alors que nous changeons notre carbure avant d'entamer la remontée, le bruit d'eau de l'affluent s'amplifie. Une mini vague nous atteint en vrombissant. C'est la crue ! Nous démarrons un peu inquiets. Heureusement, même si le débit de la rivière a décuplé, nous passons encore sans problème. Michel est cependant bien cramé et ne reste guère longtemps sec. La remontée sera lente (7 h) et caillante le vent dans le nez. Sortie en pleine nuit, après 14 h d'efforts. Le ciel est dégagé.

Me 25/08 pas le temps de récupérer. Lionel sonne le réveil et les filles se sont mis en tête d'aller au Capéran aujourd'hui, coûte que coûte.

Elle partent seules, bien chargées, en fin de matinée avec le téléphérique. Hommes et enfants suivent quelques heures plus tard. Olivier et les gamins montent avec la benne. Michel, Jack et Lionel grimpent en jeep. La piste est fort abîmée mais on parvient à s'élever jusqu'à la “bawette” du Plaa Ségouné où il commence à pleuvoir.

Lionel sur le dos, Jack ne sait pas se charger de son mato complet. Mathieu et Etienne portent leur couchage et leurs vêtements. Michel a le reste de sa maison sur le dos. Olivier suit, chargé comme une bête avec ce qu'on a pas pu prendre. La marche se passe sans encombre et nous bénéficions même d'une large éclaircie. Au Capéran, nous retrouvons les Françoises. Le camp est rapidement installé. La grande bâche est replacée sur le muret de Gaston. La bouffe, laissée 2 ans dans les bidons, a bien tenu le coup. Nous n'aurons pas faim.

Je 26/08 les orages ont éclaté la nuit, le mauvais temps s'est installé. On est dans la poisse. Pas l'idéal pour Lionel qui ne demande qu'à faire ses premiers pas. La tente s'avère quand même être un bon parc. Jack et Françoise passent la journée à s'occuper de leur progéniture (biberons, langes, panades, un cercle vicieux). Michel tente une petite sortie sur le lapiaz.

Seuls Cerise et Olive (drôle de mariage!) descendent sous terre. En l'occurrence, montent puisqu'ils grimpent au Benoli, récupérant le matériel qui aura connu deux hivers à l'extérieur. L'accès est rééquipé et une désobstruction est entamée au détriment de la topo. On ne connaît donc pas encore la direction de la galerie. Sortie sous un orage violent. Des trombes d'eau dévalent la paroi aux alentours de l'entrée. Les éléments calmés, ils rejoignent le camp sans problèmes, laissant toutefois l'équipement en place.

Il y restera car le V 26/08, après une nuit de tourmente, rien ne s'est arrangé. La neige tapisse maintenant le col de Ger. Nous décidons de rapatrier un maximum à la jeep avant qu'il ne soit trop tard. Par la même occasion, Michel, les gamins, Françoise et Lionel (emmitouflé dans un sac poubelle…) redescendront à Gourette. Le retour sur le Plaa Ségouné se fait dans la neige, sous le blizzard et la descente en jeep occasionne quelques poussées d'adrénaline au chauffeur.

S27/08 Cerise, Olive et Jack remballent et redescendent par la fontaine de Gesque. Le beau temps semble vouloir se réinstaller... On reprend la route dans l'après-midi pour rentrer dimanche au matin.

Bilan de la semaine : une bonne pointe aux Isards mais un coup dans l'eau au Capéran.

Jack


Dernière mise à jour 19-04-2005

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