Spéléologie sur le Massif de Ger




GERémiades 2002


Compte-rendu rédigé pour la revue REGARDS de l'UBS (n° 45/2002)


1200 km – 3 heures – 2070 m d'altitude – 100 km/h – 570m de profondeur – 40 visées - 2°C – 3 nuits – 30 kg – 5 grammes / topo - Namur/Gourette – entrée du LC1 – rafales – camp de base – T° du trou – marche d'approche - bivouac – fluo – portage

En guise de résumé, ce petit jeu flèché : associez les chiffres aux mots concernés et vous aurez une bonne idée de notre dernier séjour sur le Massif de Ger, un camp d'exploration de dix jours consacrés principalement au gouffre du Rocher de Louctores où nous avions atteint en 2000 la profondeur de +/-575m.

Jean-Claude London




Notre principal objectif était de fouiller le fond que seules trois personnes avaient atteint : voir si rien ne leur avait échappé et décider de l'intérêt d'entamer une désobstruction avant un éventuel déséquipement. Deuxièmement, poursuivre la topo qui était inachevée. Troisièmement effectuer un traçage interne à partir de la << saperlipoperte >> (-270) où un filet d'eau nous échappe.


Trajets et portages mis à part et compte tenu que F. Sartre (gendarme spéléo d'Oloron) et A. Grignard s'étaient occupés de réaménager le camp de base avant notre arrivée, nous pouvions compter sur 5 jours sous terre. Sachant qu'une dizaine d'heures au minimum sont nécessaires pour un aller-retour au fond du gouffre (approche comprise), nous avions opté pour le bivouac à –430, une expérience que certains ne connaissaient pas. La première descente (3 jours, 2 nuits) pour rééquiper, faire la topo, fouiner à –580, placer des fluocapteurs, injecter et … ressortir ; la deuxième descente (2 jours/1 nuit) pour faire des photos, torcher le fond, relever les charbons actifs et déséquiper.




Résultats


De chouettes clichés engrangés, un sacré bout de topo en moins (le méandre << Caliméro >>, baptisé ainsi parce <> à cette profondeur…) et la réapparition de la fluo par des arrivées d'eau dans les plafonds de la rivière à –570, ce qui laisse présager une branche parrallèle de 300 m de dénivellé vierge. Et pour terminer, nous avons entamer l'élargissement du boyau terminal, fossile et ventilé, gagnant en peu de temps une dizaine de mètres. Après avoir aussi travailler quelques temps au niveau de la << chantoire >> où se perd la rivière, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il reste un espoir de continuation. De cet endroit flotté et caillant (1400 m d'altitude), l'uranine a encore parcouru 570 m de dénivellation pour atteindre les fontaines d'Iscoo aval et amont !

En surface, d'autres cavités furent abordées mais sans résultats à cause de l'enneigement trop important cette année (Puits du Piton, BBS 1 et BBS 5). Dans le LG01, à un jet de pierre du col de Ger, le franchissement du rétrécissement à –3 a donné sur un P10 malheureusement sans suite.

Une de nos motivations cette année était d'intéresser de nouveaux effectifs à poursuivre en notre compagnie les explorations sur le massif. Et nous pensons bien avoir contaminé quatre nouvelles victimes !





Participants
: Francis Sartre (P.G.H.M.), Benoît Lebeau, Gaétan Rochez et Laurent Ergo (G.R.P.S.), Cécile Chabot (R.C.A.E.). Alain Grignard et Jean-Claude London (Continent 7).


Merci à Jacques et Richard Loussalès, ouvriers communaux des Eaux-Bonnes, amis fidèles et dévoués ainsi qu'à Robert Levêque pour la coordination du projet.

Avec le patronnage de l'Adeps de la Communauté Française



L'Homme de Pouey


Un petit mot encore pour signaler que sur le secteur du Pouey tout proche, nos amis Rouennais (Groupe Méandres) et Périgourdins (ASP) ont ratissé les moindres fissures du lapiaz sans résultat notoire si ce n'est la découverte étonnante à cette altitude d'ossements humains et d'une poterie. Spéléo avant l'heure, l'homme de Pouey aurait succombé d'après les premières observations au Néolithique…





Dernière mise à jour 19-04-2005

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