'Jackanaï 98'- Nostalgie…


L'acheminement de l'équipe et du matériel s'est déroulé comme prévu … L'hélitreuillage est prévu le 11 janvier …… Les équipes sont formées … dix à Muruk… le chaos végétal de la doline ne décourage pas notre architecte en chef Thierry Baritaud… Al, Philippe et Patrick forment la première équipe... Jack, Mark et Greg la seconde… Alain et les porteurs papous arrivent à 20 heures...

Extraits du livre de Jean-Paul SOUNIER paru aux éditions Edisud/Spelunca. Un ouvrage à lire pour revivre l'expédition internationale en PAPOUASIE à laquelle participaient deux représentants de C7 ainsi que deux grandes connaissances

En attendant de le parcourir, spécialement pour vous, quelques impressions inédites.

 

Jean-Claude LONDON

 

Camp Mara, dimanche 1er février 1998. Pour Patrick, Hélène et moi, l'aventure touche à sa fin. Ca me fout d'autant plus les boules que hier, nous avions presque atteint 'Alcyon', la résurgence mystérieuse repérée par hélico en aval de Bérénice. Après le petit-déjeûner, nous nous mettrons en route pour rejoindre Pomio où nous comptons passer la nuit avant de faire le bond aérien vers Rabaul. Mon genou gauche, malmené ces derniers temps, appréhende un peu ce dernier effort. Le déluge subit ces derniers jours a détrempé la forêt et l'interminable piste forestière n'a pas bonne réputation!

Alors que nous bouclons nos sacs, un bourdonnement familier se fait entendre. L'hélicoptère … Ce vol n'était pas prévu ! Nous n'avons pas le temps de nous poser trop de questions sur sa présence. Il est 8 h. C'est l'heure de la vacation radio.

-'Muruk pour Mara, Muruk pour Mara, à vous'. Jérôme monte sur le tronc d'arbre et déploie l'antenne.

-'Ici Mara, je vous reçois 4 sur 5, pourquoi l'hélico est-il là ? A vous.'

-'Rien de grave. Max profite de sa journée de relâche pour nous amener l'émetteur-récepteur qu'il nous avait promis. Nous pourrons enfin contacter sa base si nécessaire. Mais à propos, ne prenez pas la peine de vous coiffer. Il est d'accord de vous larguer Thierry et Philippe qui s'apprêtaient justement à vous rejoindre par la forêt'

-'Bien reçu ! On l'aperçoit déjà. Avoue qu'ils ont du bol. Ca leur évite 8 heures de crapahut. Over!'

Pierre qui est descendu hier lourdement chargé est blème… Patrick lui, voit de suite l'opportunité de nous faire déposer dans la foulée à Galowé et troquer ainsi un jour de marche contre un jour de plongée dans la baie de Rabaul. Tout s'enchaîne alors très vite. Le dos courbé, Thierry et Philippe débarquent. Patrick interroge le pilote.

-'Ok. Let's go!'.

Le temps de quelques poignées de mains, échangées à la hâte dans la tourmente soulevée par l'appareil et nous sommes dans la carlingue. La portière a peine fermée, l'engin nous arrache de cet 'uni-vert' qui fut le nôtre pendant trois semaines. Sous nos sièges, le plateau des Nakanaï n'est déjà plus qu'un souvenir et fait place aux eaux turquoises de la baie de Jacquinot.

-'Patrick, que se passe-t-il ? Pourquoi ne descendons-nous pas sur Galowé?'

(Bérénice - cliché JP Sounier)

-'Max m'a signalé qu'il n'avait pas assez de carburant pour se permettre une manÅ“uvre supplémentaire. Mais il m'a proposé de nous rapatrier directement à Rabaul. Génial, non ? Ca fera deux jours de plongée au lieu d'un.'

Je réalise soudain la situation. Sans transition, nous allons retrouver la civilisation ! Hélène est encore plus affectée que moi à cette idée. Ayant passé de nombreuses semaines à Galowé, elle n'imaginait pas quitter la Nouvelle-Bretagne sans saluer une dernière fois tous les amis papous, toutes ses amies papoues. Qui plus est, elle y laisse des effets personnels qu'elle comptait bien utiliser pour la suite de son périple autour du monde.

Pendant ce temps, une des plus grandes forêts vierges de la planète défile quelques centaines de mètres à peine sous nos sièges. Bien que gagné par la nostalgie, je n'en suis pas moins émerveillé et impressionné.

Seules quelques saignées ouvertes par les compagnies forestières balafrent cet immense territoire que j'imagine sans peine inhabité et inexploré. Pourvu qu'il en soit ainsi à jamais…

Une heure et demi plus tard, l'hélico nous dépose à Rabaul. Point de départ de nos aventures un mois auparavant, je trouve que l'endroit n'a plus vraiment le même charme. Max nous rapatrie dans la benne de son pick-up chez Neil, notre hôte australien qui a tôt fait de me faire redescendre sur terre :

'Hey, boys, you smelt ! Please, take a shower immediatly'. Ce que nous faisons sans nous faire prier avant de nous retrouver à la terrasse de 'Submarine Base' devant une 'SP' bien fraîche et une montagne de crêpes aux fruits de mer. Une page est tournée. Une autre commence.


Plongée dans la baie de Rabaul (cliché JCL)


Dernière mise à jour 19-04-2005

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